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L’emploi, une réalité au quotidien à Berchem-Ste-Agathe

Le projet de Maison de l’Emploi à Berchem-Sainte-Agathe n’est pas une idée neuve. Voici quelques années un premier projet avait vu le jour mais n’a pu être finalisé. L’idée de départ est extrêmement pragmatique.

Elle repose sur le postulat de regrouper à un seul endroit une série de ressources à l’attention des usagers en matière d’emploi, d’orientation professionnelle et de formation. Cette solution semblait à l’origine plus souple et rapidement opérationnelle et ne nécessitait pas la création d’une Mission Locale pour l’Emploi et la Formation.

1. Elément de contexte

L’évolution des « demandeurs d’emplois indemnisés » indique qu’il s’agit des chômeurs complets indemnisés et les jeunes en période d’attente qui ont vu leur nombre diminuer de manière importante tandis que les autres catégories de demandeurs d’emplois ont vu leur nombre rester stable.
Il s’agit principalement des demandeurs d’emplois à charge des CPAS ainsi que des demandeurs d’emplois libres, non indemnisés. En ce qui concerne les demandeurs d’emplois dépendant des CPAS, l’inscription doit être régulièrement confirmée par l’intéressé pour être maintenue auprès de l’ORBEM. Il est à noter qu’une évolution marquée apparaît dans les difficultés d’accès à l’emploi des chômeurs ou personnes les moins qualifiés émergeant au CPAS.

En effet, les chômeurs bruxellois les moins qualifiés restent toujours confrontés, de manière générale, aux difficultés d’insertion socioprofessionnelle les plus grandes. Ils enregistrent un temps de chômage quatre fois plus élevé que la moyenne des demandeurs d’emplois.

En Région Bruxelloise, on continue à observer un accroissement des exigences en matière de formation et un appel de plus en plus important des diplômes de l’enseignement supérieur. 46 % des emplois de la Région Bruxelloise sont occupés par des travailleurs ayant au minimum un diplôme de l’enseignement supérieur. Ce niveau d’exigence élevé s’explique en partie par la transformation de l’économie bruxelloise vers toujours plus de services et vers un recours accru aux nouvelles technologies.

L’élévation générale des exigences de main d’œuvre est à mettre également en relation avec le statut international de la Région Bruxelloise, l’affluence de travailleurs venant des deux autres régions, la réduction des activités industrielles ou semi industrielles et des pratiques de sur sélectivité, impliquant par là l’éviction des travailleurs les moins qualifiés par les travailleurs les plus qualifiés.
La Région Bruxelloise se caractérise ainsi par une pénurie d’emplois par rapport à la demande de personnes possédant une moindre qualification. En effet, outre la rareté des emplois pour les personnes les moins qualifiées en Région Bruxelloise, ces travailleurs subissent la pression concurrentielle des travailleurs les plus qualifiés, mais également celle des navetteurs.

En ce qui concerne la nationalité, les étrangers de l’Union Européenne ont vu leur chômage se réduire de la manière la plus marquée. Seuls les demandeurs d’emplois extracommunautaires ne voient pas leur nombre diminuer.

Dans le contexte bruxellois marqué par un chômage élevé, les populations étrangères et belges d’origine étrangère extra-communautaire sont particulièrement confrontés à ce phénomène d’exclusion économique et sociale. La dégradation, voire la disparition croissante d’une partie des emplois peu qualifiés et des emplois ouvriers accentuent la vulnérabilité dans l’insertion socioprofessionnelle de ces populations.
A cette détérioration du marché de l’emploi s’ajoutent des discriminations à l’embauche vis-à-vis des candidats d’origine étrangère (hors Union Européenne). La naturalisation ne modifie pas ces discriminations même dans des situations de compétences et de niveaux d’études identiques.
A l’ensemble de ces phénomènes de chômage et de discrimination, des obstacles supplémentaires, comme l’emploi des langues, freinent encore l’insertion socioprofessionnelle des catégories de travailleurs les plus fragilisés.

Le chômage et les jeunes

En Région Bruxelloise, le taux de chômage des jeunes est légèrement supérieur à la moyenne européenne. Il est de 32,9 % de la population active de notre région.
Notre région partage avec la Wallonie la particularité d’enregistrer une forte proportion de jeunes chômeurs inscrits sur la base de leurs études au détriment d’inscriptions sur la base de prestations de travail. Cela se traduit par l’extrême difficulté d’acquérir une expérience professionnelle d’une certaine durée.
En 2002, la Région Bruxelloise comptait une moyenne de 15 356 jeunes de moins de 25 ans inscrits comme demandeurs d’emploi inoccupés, soit un total de 19,80 % des chômeurs bruxellois. Bien qu’ils soient plus scolarisés que l’ensemble des demandeurs d’emplois, les jeunes demandeurs d’emplois n’ont, dans 60 % des cas, pas dépassés une scolarité de niveau secondaire inférieur. En 2002, un demandeur d’emploi jeune sur cinq, de moins de 25 ans, n’avait pas de diplôme. Ce faible niveau d’études pèse lourdement sur la primo insertion des jeunes de moins de 25 ans.
Cependant, l’augmentation du niveau de qualification n’évite pas à beaucoup de jeunes, soit un passage par le chômage, soit l’acceptation d’un emploi d’un niveau inférieur à leur qualification. La moyenne des jeunes de moins de 25 ans présentait en 2002 une durée d’inactivité d’au moins 1 an.

La situation dans la commune de Berchem-Sainte-Agathe


En 2002
La commune avait un taux moyen de chômage de 12,5 % qui se répartissait de la manière suivante : hommes 10,7 %, femmes 14,5 %.

Evolution du chômage : selon le dernier rapport de l’ORBEM, la commune de Berchem-Sainte-Agathe connaît une certaine stabilité. 1997 : 12,9 %, 2001 : 11,5 %, 2002 : 12,5 %. Entre 1997 et 2002, l’évolution du taux moyen de chômage dans la commune de Berchem-Sainte-Agathe a été de 0,4 %. Cette situation est particulièrement favorable au regard des autres communes voisines ou des communes du centre de la Région Bruxelloise, tout en restant néanmoins inquiétante.

Les demandeurs d’emplois berchemois inoccupés entre 1997 et 2002

1997 : 1113 - 2001 : 999 - 2002 : 1090

Soit 1,5 % du taux moyen de chômage de la Région Bruxelloise et 12,5 % de la population communale (19 320).

En 2002, les demandeurs d’emplois inoccupés se répartissaient comme suit :

  • 1 an de chômage : 45 %
  • Plus d’1 an de chômage : 55 %
  • Moins de 25 ans : 14,9 %
  • Plus de 50 ans : 9,1 %

Niveau d’études :

  • faible : 72,9 % (sans diplôme ou inférieur au CESI)
  • moyen : 22,6 % (CESI ou CESS)
  • élevé : 4,5 % (gradué ou universitaire)

Les moyens de prévention et d’action

Avec un taux de chômage correspondant en 2002 à 12,5 % de sa population qui comptait 19 320 habitants, la commune de Berchem-Sainte-Agathe ne rencontre pas les mêmes difficultés que ses voisines, Koekelberg et Molenbeek-Saint-Jean.

Néanmoins, si on additionne à ces statistiques de l’ORBEM, celles du CPAS, nous nous trouvons confrontés à une situation qui exige une prise en considération plus importante que par le passé. Les réponses à ces situations de détresse économique et sociale existent sur le territoire communal, mais agissent en ordre dispersé.

Il serait donc souhaitable de pouvoir regrouper un grand nombre d’initiatives locales pour l’emploi et la formation dans un lieu déterminé, facilement identifiable et coordonné par la commune, tout en préservant l’autonomie et l’identité des opérateurs. Ce regroupement d’opérateurs dans des domaines différents mais pouvant avoir un impact positif sur le parcours d’insertion, permettrait au demandeur d’emploi d’étoffer sa recherche ou éventuellement de bénéficier d’informations plus pointues dans le domaine de la formation professionnelle.

Dans la mesure où le rapport de l’ORBEM cible précisément les lacunes de formation d’un nombre important de demandeurs d’emploi et particulièrement les jeunes, il paraît judicieux de mettre en place, de manière plus structurée, un dispositif pouvant répondre à ce type de demande.

En ce qui concerne la mise à l’emploi, il est également nécessaire de pouvoir offrir un accueil et un accompagnement individualisé. L’expérience nous apprend qu’il s’agit de la méthode la plus adaptée à un public fragilisé.

Il existe dans la commune différents opérateurs publics et privés actifs dans l’insertion socioprofessionnelle. Bon nombre de ces opérateurs pourraient être tentés par un regroupement et la mise à disposition d’une infrastructure adaptée à leur travail. Il s’agirait d’un échange de bons procédés : la commune pourrait mettre à la disposition des équipes un bâtiment, les équipes fournissant le personnel et l’équipement. De plus, la majorité des opérateurs disposant de frais de fonctionnement pour leurs activités ordinaires, les frais de gestion de l’ensemble du dispositif seraient passablement réduits.

En cas de réussite, il pourrait naître dans la commune de Berchem-Sainte-Agathe, une expérience novatrice reposant sur un partenariat public et privé dont les premiers bénéficiaires seraient les habitants de la commune avec une attention particulière pour les plus fragilisés et les jeunes. Ce dispositif, parmi d’autres, participerait de manière active à la politique de prévention générale et permettrait une meilleure inclusion des jeunes et des habitants les plus fragilisés dans la dynamique locale.



Par Salvatore MULAS, secrétaire politique
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